Le Radicalisme
Le Radicalisme est le plus ancien courant politique du pays : près de 160 ans. S'il connaît une telle longévité, c'est sans doute parce qu'il porte en lui une jeunesse sans cesse renouvelée. Ce n'est pas le moindre des paradoxes du radi-calisme que de démontrer sa vigueur par le fait même de son grand âge.
Ses grands principes
- Equilibre entre Libertés individuelles et Solidarité nationale :
- La Laïcité garantit à chacun une liberté de choix dans le respect des autres.
- La Solidarité, garan-te d'équité sociale, crée une société véritablement active et responsable.
- L'Humanisme mise sur le développe-ment des qualités essentielles de l'être humain.
- La Tolérance, garante de justice, permet d'accepter les différences conformes à la loi républicaine.
- L'Universalisme affirme que tous les peuples doivent être représentés dans la conduite des affaires du monde.
Les grands Radicaux
Pierre Mendès-France aurait eu 100 ans ce mois-ci. Grande figure du radicalisme, il incarne parfaitement les valeurs que continue de défendre le Parti Radical de Gauche.
Né a Paris le 11 janvier 1907 (une plaque rappelle sa naissance au 75, rue de Turbigo), Pierre Mendès-France adhère au Parti radical à 17 ans. Avocat à 19 ans, docteur en droit à 21, il travaille avec Georges Bonnet avant de s'installer à Louviers, dans l'Eure. Elu en 1932, il est à 25 ans le plus jeune député de la République.
Tout en poursuivant son implantation dans l'Eure (maire de Lisieux et conseiller général en 1937), Pierre Mendès-France anime, au Parti radical, le courant des Jeunes Turcs qui veulent rénover l'image du radicalisme et ancrer à gauche le vieux parti. Réélu député avec le Front populaire en 1936, il devient sous-secrétaire d'Etat au Trésor en 1938, plus jeune ministre de la République. Aviateur en Syrie durant la deuxième guerre mondiale, il est arrêté par la police de Pétain et Laval, jugé à Riom et emprisonné pour désertion et trahison.
Commissaire aux Finances de la France Libre à Alger puis à Paris en 1943-1944, il devient ministre de l'Economie nationale de laFrance libérée en 1945 mais démissionne rapidement devant l'hostilité de De Gaulle aux mesures économiques qu'il estimenécessaires pour le pays.
Député de l'Eure de 1946 à 1958, il est également gouverneur du FMI de 1947 à 1958. Les députés lui refusent l'investiture en1953 car son programme de rigueur économique et ses propositions pour une solution pacifique en Indochine inquiètent, comme d'ailleurs le ton nouveau (“Gouverner c'est choisir”) qu'il veut donner à son ministère.
Le 17 juin 1954, il obtient cette investiture et forme un gouvernement qui durera sept mois et dix-sept jours. Pierre Mendès-France s'entoure de jeunes ministres avec lesquels il va s'attacher à régler les problèmes du pays, un par un, en respectant les échéances qu'il s'est fixées. Le traité de Genève rétablit la paix en Indochine et le voyage à Carthage consacre l'autonomie de la Tunisie. Le 14 août 1954, Pierre Mendès-France obtient les pouvoirs spéciaux pour les questions économiques : expansion économique, augmentation du revenu national, abaissement des coûts de production, amélioration du pouvoir d'achat et du niveau de vie des pays d'outre-mer, sécurité de l'emploi, équilibre de la balance des paiements. Mais cette politique économique jugée trop rigoureuse et la volonté constante de gouverner le pays sans compromissions politiciennes attisent les attaques contre l'homme.
Son opposition au projet de CED qui divise le pays et tous les partis politiques, y compris le Parti radical, cristallise cette haine.
Au Congrès de Marseille, Edouard Herriot confie le Parti radical à Pierre Mendès-France mais le mal est fait. Les réformes institutionnelles engagées n'empêchent pas sa chute le 5 février alors qu'il pense s'attaquer au problème algérien. Ministre d'Etat en1956 dans le gouvernement de Front républicain de Guy Mollet dont il se sépare rapidement, Pierre Mendès-France s'oppose aucoup de force de 1958 et rejoint en 1961 le PSU. Se plaçant dès lors parmi les plus farouches opposants au régime gaulliste, il estélu député de l'Isère en 1967. Devenu une référence morale de la gauche française en cours de reconstruction, il soutient le mouvement populaire de mai 1968 en proposant au pays une réelle alternance démocratique. Battu aux législatives de 1968, il n'intervient plus guère dans la vie politique française, sauf pour soutenir la candidature de Gaston Defferre en 1969.
Pierre Mendès-France meurt en 1982. Ses cendres sont dispersées dans la campagne de Louviers.